Être née par hasard à Bagnols-sur-Cèze

Être née par hasard à Bagnols-sur-Cèze

26 mai 2022 0 Par Hélène

La ville de naissance reste à jamais gravée sur notre identité.
Nous y accostons en sortant des eaux de notre mère.
Avec les premiers cris répétitifs tel le marin qui a vociféré « Terre » en découvrant les Amériques. 
Je t’amène à la découverte de l’histoire de Bagnols-sur-Cèze, ma ville de naissance.
À bâbord, toute !

Les raisons de ma naissance à Bagnols-sur-Cèze

En 1950, la Cité Bagnolaise a vécu un tournant majeur de son histoire avec l’arrivée de l’atome et son commissariat à l’énergie (CEA).
La population a triplé en 10 ans et le besoin en mains d’œuvre était grand.
Beaucoup d’Espagnols sont venus en aide, impulsés dans un contexte d’après-guerre franquiste.
C’est le cas de mon grand-père, maçon, venu avec femme et enfants.
Son associé avait une sœur qui allait épouser mon père.
Une lignée familiale s’est alors enracinée sur Bagnols-sur-Cèze et ses alentours.

La première année de ma vie s’est déroulée à Bagnols-sur-Cèze, dans les cités du quartier des Escanaux, du latin canalis (lit d’un fleuve).
C’était un jardin prospère jusqu’en 1950 d’une grande culture maraîchère qui alimentait par wagons les Halles de Paris. Ensuite, le béton des HLM a pris place, mais les agriculteurs ont reporté leurs savoirs par une forte culture viticole sur toute la région.
Mais laissons le vin de côté pour le moment et restons sur l’élément eau, cet excellent fil conducteur pour conter ma ville de naissance. 

Origine de Bagnols-sur-Cèze 

Balniolas (1119), Balneolae (1281) et Balneoleum (1307), du diminutif latin Balneum (station thermale en voie d’abandon) ou Balnéolaris (lieu où l’on prend des bains).

Bagnols n’est pas issu de chariots d’antan qui passaient au-dessus de la Cèze par son joli pont romain.
Je l’ai longtemps pensé cela et l’idée de Bagnols-sur-Cèze comme cité aquatique me surprend. Et pourtant, en voici la probable histoire.

  • Selon l’exclamation d’un empereur :  très (treize) étroite (trois) ! La légende dit que treize et trois qui font seize, donne son nom à un simple ruisseau, la Cèze. 
    Pas de quoi en faire tout un plat, quoique…
  • La Cèze, du latin Cicer ou de l’occitan Céser, signifiant pois chiche, dont la culture était abondante autour du XVIIe siècle. 
  • Dans le mot Cèze, l’idée de césure se rapproche du début des rondeurs des montagnes Cévenoles. 
  • Scission également sur les collines de l’Ancize Bagnolaise, effondrées en l’an 1576 recouvrant des eaux minérales très réputées par leurs vertus curatives. Les vestiges d’anciennes cuves taillées dans le roc, de vieilles masures d’anciens bains sont les témoins de ce passé.

Bagnols-sur-Cèze et ses eaux magiques tintées d’or

D’anciennes études révèlent que ces sources proches de la Cèze avaient un pouvoir contre les maladies ravageuses de l’époque.
Elles étaient issues de mines de fer ou d’acier, de soufre, de vitriol, de nitre, de couleur rouille ou reflétant un spectre solaire.
D’un goût parfois désagréable, elles ne semblaient pas pour autant en dissuader les consommateurs. On retrouve même une ordonnance d’un médecin qui prescrivait encore ces eaux au XVIIIe siècle.

Source : Archives privées de la commune de Saint-Laurent-des-Arbres.

Mais ce pouvoir des eaux s’est transformé en paillettes d’or. 
L’orpaillage y a longtemps été pratiqué dans la Cèze et des professionnels restent encore pour vous apprendre les rudiments du métier d’orpailleur.

À ce jour, au coeur de la ville, la Grande Fontaine dont la source est intarissable et de provenance inconnue reste aussi un mystère à élucider.

Des trésors d’eaux aux maîtres des pinceaux

La ville de Bagnols-sur-Cèze a bien vécu pendant 300 ans grâce à l’industrie de la soie.
À cette période d’âge d’Or est né en 1813, le fils du teinturier de la rue du Ruisseau, Léon Alègre, un imminent personnage. Il aurait préféré que la ville s’appelle Bagnols-des-Mûriers, en référence à ces arbres qui favorisaient la culture de la soie.

Léon Alègre, peintre, archéologue, historien régionaliste et collectionneur français est le fondateur du Musée de la ville.
Son successeur Albert André, artiste peintre, ami de Renoir et de bien d’autres ont marqué la période post-impressionnisme à nos jours.
En 1919, le premier musée d’art contemporain de province voit ainsi le jour à Bagnols-sur-Cèze.

Bagnolais(es), j’espère vous avoir transmis quelques sensations nouvelles sur votre terre d’accueil. Étiez-vous au courant de tous ces éléments historiques sur votre ville natale ?
Pour les autres, ce retour aux sources ne te donne-t-il pas l’eau à la bouche ?

  • Musée Albert André

« Je suis né quelque part
Laissez-moi ce repère
Ou je perds la mémoire »

Maxime le Forestier

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